jeudi 25 juin 2015

Iceltane de Célia Flaux

/!\ Ce livre a été lu à partir de l'édition papier.


Titre : Iceltane
Auteur : Célia Flaux
Nombre de pages : 286
Editeur : Voy'el
Genre : Science-fiction
Prix papier : 18 €
Prix numérique : à venir

Résumé :

D'un côté, l'Empire watashitachi. De l'autre, l'Union. Au milieu, Iceltane, planète conquise par l'Empire, mais trop proche des frontières de l'Union. Carys Llanelli a fui Iceltane pour échapper au joug des Watashitachi. Elle lutte au sein du Département Diplomatique de l'Union pour que des nations indépendantes ne connaissent pas le même sort que sa planète natale.

Toweda, lui, est un brillant officier de l'armée impériale, dont l'histoire recèle un dangereux secret aux cheveux blonds. Quand chacun des camps envoie une délégation négocier la paix sur un astéroïde, le passé et le présent entrent en collision. Pour Carys et Toweda, les choix s'annoncent difficiles.

Critique :

Dès que j'ai vu la couverture que la talentueuse Sabrina Tobal avait faite pour ce roman, j'ai su qu'il devait être mien, et lorsque j'ai rencontré sa sympathique auteure aux Imaginales, sur notre stand commun Voy'el/Petit Caveau, je n'ai pas pu résister et je me suis jetée sur l'un des deux exemplaires qui restaient en stock. Je ne l'ai pas regretté.

Bien qu'il en ait tous les ingrédients, Iceltane n'est pas votre space opera traditionnel. Certes, il est question de guerre entre deux camps opposés, et Célia Flaux ne rejette pas ses multiples influences, tant occidentales que japonaises. Cependant, l'auteure a choisi d'explorer le conflit non pas à travers de dantesques combats spatiaux mais à travers le regard de son héroïne, Carys, et de ses relations compliquées et douloureuses avec son ancien correspondant, Toweda, devenu officier dans l'armée ennemie. Deux êtres totalement différents du fait de leurs origines, mais surtout de leur culture. Autant dire que si vous préférez votre SF hard ou avec plein de détails techniques auxquels vous ne captez rien mais qui font savants comme dans Star Trek, peut-être que vous serez déstabilisés...

Carys a grandi en souffrant de l'occupation violente de son monde par les Watashitachi ("nous", en japonais), et les Watashitachi vivent en opprimant les autres et en pillant les mondes qu'ils ont conquis ; pire encore, ils refusent tout contact physique avec les étrangers, à la fois par xénophobie, mais aussi par crainte d'être contaminés par des maladies. Totalement repliés sur eux-mêmes, ils n'éprouvent aucune compassion à l'égard des autres peuples. Autant dire que lorsque Carys et Toweda se sentent irrésistiblement attirés l'un vers l'autre, rien n'est simple. L'une doit accepter ses sentiments grandissants pour un ennemi dont le peuple opprime le sien, l'autre doit surmonter son dégoût des autres et des contacts physiques ce qui, attirance ou pas, n'est pas facile quand l'on a été endoctriné.

Dit comme ça, Iceltane a l'air d'une romance teintée de tragédie à la Roméo et Juliette, et il est vrai que les relations entre les deux héros sont centrales dans l'histoire, tant à travers les flashbacks qui dévoilent petit à petit le passé de Carys et Toweda lors de leur adolescence, qu'à travers les événements présents où ils se retrouvent des années après. Mais au-delà de l'histoire d'amour, ce roman parle aussi du racisme et de l'oppression sans jamais tomber dans le manichéisme (non, tous les Watashitachi ne sont pas bêtement maléfiques !). Bien des parallèles peuvent être faits avec l'Histoire ou (hélas) l'actualité...

S'il me fallait vraiment trouver une faiblesse à Iceltane, ce serait dans le fait que certains événements sont amoindris par les choix de narration de l'auteur. Puisque nous suivons le point de vue de Carys, certaines choses nous sont plus racontées que montrées lorsqu'elle ne participe pas aux combats. De même, certains personnages secondaires paraissent moins développées que d'autres, ce qui rend leur sort moins touchant. Ceci étant dit, l'écriture de Célia Flaux m'a tellement emportée dès les premières pages qu'il s'agit plus d'une réflexion a posteriori que d'un aspect qui m'a vraiment gêné durant ma lecture. Bien que je ne sois pas grande adepte des histoires d'amour, celle de Carys et de Toweda a su me toucher, parce qu'elle n'était pas niaise et parce qu'elle paraissait crédible. Et si Célia Flaux avait dans l'idée de créer une autre histoire dans cet univers, que nos deux héros y soient ou pas, je la suivrais sans hésiter dans l'aventure.

Acheter en numérique chez Voy'el (à venir)

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